6h30. Mon réveil sonne.
Aujourd'hui je rentre à paris. Voila presque deux mois que je n'ai pas remis les pieds à la capitale. La dernière fois, c'était pour la Japan Expo. Je me lève et m'habille rapidement, mon train est dans deux heures. Toutes mes affaires sont prêtes, ne me reste que mon ordinateur portable à embarquer. Apres un rapide déjeuner et fermeture définitive de la maison, je part à pied à l'arrêt de bus. Mes parents sont en vacances, il m'a donc fallu fermer tout les volets, sortir la gamelle du chat que la voisine viendra nourrir, sortir les poubelles et j'en passe... Il est 7h15, je suis dans les temps.
Vaillamment, je marche les 500 mètres, chargée comme un âne, lorsqu'au bout de la rue, je vois avec horreur mon bus passer ! Il n'y a rien de pire qu'un bus en avance. Je sais qu'il est inutile de courir, chargée comme je suis, je n'y arriverais jamais à temps. Dans ma valise à roulettes, j'embarque ma nouvelle table lumineuse, ainsi qu'un scanner énorme. Sur le dos, un sac de randonnée contenant ma paperasse ainsi que des vêtements que je remonte à mon appart. Sans compter mon sac en bendoulière, chargé de l'ordinateur portable et du lourd tome 7 de Harry Potter. Je vous laisse imaginer le reste...
Au moment ou je vois passer le bus donc, je soupir, mais heureusement j'ai prévu un plan B. J'avais prévu de partir en avance, au cas ou ce genre de problème surviendrai, car c'est assez fréquent. Je ne panique pas, je sais déjà que le prochain bus est dans 10 minutes, et que j'arriverais tout de même à l'heure à la gare. La bretelle de mon sac à main me scie l'épaule et c'est avec bonheur que je me défait de mon barda pour attendre le car.
Toujours rien.
15 minutes que j'attend, il ne vient pas. Je décide donc de sortir un biscuit de ma poche. Le temps que je relève la tête, l'autobus me passe sousle nez. Je n'en crois pas mes yeux.
Impossible.
Je rêve.
L'incompréhension laisse place à l'indignation et les larmes, c'est la seule ligne qui passe à cet arrêt ! Pourquoi le chauffeur ne s'est-il pas arrêté ! Un rapide coup d'½il à ma montre confirme mes craintes ; si je ne part pas tout de suite dans un transport n'importe lequel, je peut dire adieu à mon train. Et le prochain bus ne passe pas avant 30 minutes ! Toujours en larmes, je me place au bord de la route, et lève le pouce.
Les gens sont pressés, et sur la route du travail, personne ne s'arrête, bien sûr. Entre deux crises de sanglots, je supplie les automobilistes du regard. C'est déjà trop tard, je n'aurai jamais mon train. Je continue à espérer, lorsqu'un camion s'arrête. L'homme qui en descend me regarde avec compassion, me montre son gyrophare d'un air désolé. Il est en maintenance sur l'arrêt de bus, ce n'est pas pour moi qu'il s'est arrêté.
Désillusion.
Cela fait 30 minutes que je tend le bras en interrogeant les voitures du regard. En haut de la rue se profile l'autobus suivant. Il est 8h10, c'est foutu. Mais je le prend quand même. Plus que 18 minutes. Si un miracle arrive, j'aurai mon train. Arrivée à la correspondance, j'attend le bus suivant. 20 minutes. Mon train est partis. Tans pis, je prendrais le suivant, ça va me couter la peau des fesses.
Et pourtant. 8h56, J'arrive devant les bornes de retrait et achat de billets, et je commande le train suivant. La borne refuse ma carte. Je fond à nouveau en larmes, le sort s'acharne. Lorsque je m'apprete a sortir de la gare pour sangloter dans mon portable avec ma mère, la voix de l'hôtesse résonne « le train n°8418 à destination de Paris Montparnasse partira voix 3 ».
Hein ?!
Quoi ?!!!
Rapide coup d'½il au tableau d'affichage.
Le traine est là, à quai ! A gauche, un panneau de leds oranges signale un retard des grandes lignes suite à un suicide sur les voies. Une rapide pensée pour cette personne, accompagné d'un souhait de repos eternel et agréable, tandis que je retire fébrilement mon billet à la borne, la suppliant d'accélérer son mécanisme. Courant sur le quai, je longe le train dont toutes les portes sont déjà fermés. Trop tard, il va partir, c'était trop beau pour être vrai. J'ai rattrapé un train qui va partir avec 30 minutes de retard, je ne pourrait même pas de faire rembourser mon billet. Tout ça à cause d'un chauffeur de bus en avance de deux minutes. Je ne veut pas y croire.
Lorsque soudain, ô nouveau miracle ! Une porte, une seule est resté ouverte ! Le contrôleur m'adresse un sourir amusé « en voilà une sacrée chance ! Montez, vous rejoindrez votre wagon après.»
Assise à ma place, je n'en reviens toujours pas. Et le train s'ébranle.
Je suis vraiment persuadée que pour toute malchance, la chance s'équilibre. Mais j'ai tellement de chance, que je le jour ou on va me demander la compensation, je risque bien d'y perdre la vie...